Habiter à la croisée des sentes du Sycomore

Concours de 114 logements, lot SY16, Eco quartier du Sycomore Bussy Saint-Georges / France

 

Les lieux, qui ont vu de multiples histoires au cours de leur existence, se construisent et se croisent autour de la place de la Mairie. Ils témoignent de l’attachement existant à la ville de Bussy Saint-Georges. Aujourd’hui ces récits sont prolongés par une appropriation cohérente avec la vie du coeur de ce village qui est devenu une des centralités d’un territoire plus vaste.

La problématique posée par l’aménagement de l’ilot SY16 est significative des enjeux urbains des villes neuves construites sur des terrains agricoles voyant évoluer brusquement leurs statuts. La responsabilité urbaine et politique d’un tel acte est importante. Les bases d’un nouvel urbanisme devront être posées dans un temps très court, en regard avec la durée de vie du dispositif : le véritable enjeu est de réussir une appropriation des lieux, si chère aux habitants du bourg de Bussy Saint-Georges, sur un site qui n’évoque pas d’histoire collective dans l’instant.

L’échelle du site est comparable à celle du centre-ville de Bussy Saint-Georges, avec sa mairie, sa place et son pigeonnier. Le parallèle entre les deux sites est significatif en termes de densité d’habitations et illustre bien la hauteur de l’enjeu urbain posé par le concours.

Fort de ce constat, nous proposons de constituer les bases de ce qui sera demain les récits des lieux de ce nouvel îlot. Bien sûr, il sera rattaché à son contexte urbain et s’intégrera dans la réflexion de planification urbaine déjà riche menée par l’EPA Marne. Pour autant, les fondations durables de la vie de cet îlot seront principalement l’implication des futurs habitants dans cette nouvelle histoire urbaine. Les bases de ces nouveaux récits d’habitants seront constitués, d’une part, des aspirations des différentes populations qui choisiront de vivre dans ce site et, d’autre part, de la capacité des lieux à favoriser la richesse des interactions entre tous ces parcours de vie.
Le site se veut donc le creuset des rencontres de ses habitants : les espaces sont dessinés comme des potentiels d’échange et de pratiques multiples des lieux. Chaque composante des espaces publics -les parcours piétons et véhicules, les accès, le fil des eaux de ruissellement est donc démultipliée et croisée pour former un canevas varié d’espaces dévolus à ses habitants. Ce sont les conditions pour que les usages et leur cohabitation aimable dans les espaces extérieurs soient possibles.
Les fondements du plan d’aménagement forment un canevas où les habitants vont se croiser et petit à petit constituer le récit des lieux avec leurs envies.

Afin d’accompagner les pratiques des lieux, chaque espace est conçu comme une étape dans le parcours de l’extérieur de l’îlot jusqu’au logement. C’est l’idée de « l’entre-deux » et de la progression vers plus d’intimité à mesure que l’on se rapproche de chez soi. Ces multiples échelles dans la forme et dans la dimension des espaces sont une des clefs de leur appropriation.
L’îlot est donc d’abord constitué autour d’une réflexion sur les vides et les espaces qui déterminent par conséquence l’implantation des pleins. Ces espaces vont véritablement mettre en scène le nouveau quartier, autant comme automobilistes que piétons ou cyclistes. C’est ce déroulé qui va constituer le véritable paysage quotidien des habitants, grâce à des bâtiments ainsi mis en scène depuis les espaces.
Cette mise en scène se poursuit jusqu’aux espaces de distribution des logements collectifs et leurs parties privatives – balcons ou terrasses – qui donnent à découvrir le paysage de l’ilot.
Cette structuration des espaces détermine les lieux les plus favorables où doivent être édifiées les constructions afin de créer une véritable identité des implantations qui ne répondent pas à des a priori formels géométriques. Les constructions répondent pour leur part aux impératifs du programme autour de trois thématiques très présentes dans l’emprunte des architectures :
• La constitution d’un système fragmenté, fabriqué à partir d’une combinaison de logiques de logements individuels, en cohérence avec les espaces distribuant les logements et leurs prolongements extérieurs ;
• L’échelle des immeubles qui est toujours ramenée à celle d’une largeur d’immeuble cohérente avec les morphologies urbaines du contexte du coeur de ville de Bussy ;
• La mise en évidence de repères architecturaux dans l’îlot, qui répondent aux aspirations collective d’usage à l’échelle des besoins des populations de l’îlot.
Enfin, la définition des typologies en regard avec la course du soleil constitue le principe de base d’aménagement du rapport aux espaces intérieurs et aux prolongements extérieurs des logements, dont le dessin est ainsi spécifique à chaque orientation.
L’identité des lieux résulte de la convergence de ces réflexions, qui aboutissent à la fois à une identification formelle très volontariste des volumes des immeubles et des habitations individuelles autant que l’expression de la générosité d’usage d’un tel système urbain.

Etat : Concours juin 2016
Maitrise d’ouvrage : Nexity
Maitrise d’œuvre :
SAA Architectes (Pauline Schwab, Victor Periano, David Banvillet)
Acte 2 Paysage,
Solener, ingénierie durable
Ingéneco Technologies, BET Structure bois,
Cardonnel Ingénierie, BET Fluides
Surface : 7800m²
Cout : 10 580 600 €
Démarche : H&E et label biosourcé.

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